samedi 30 janvier 2010

Les gypsies de l'Uruguay débarquent à Te Anau

Nous menons notre petit train train quotidien dans notre nouveau petit chez nous. Nous sommes maintenant des locaux au sein de ce village cloturé de montagnes. 40 heures/semaine à la réception (on a même eu une augmentation de salaire sans même la demander), course 3 à 4 fois par semaine au bord du lac, bouffes collectives régulières (Jo impressionne avec son pain et sa pizza maison), petit verre entre amis de temps en temps, FOC durant les jours de congé (cliquez ici pour voir les nouvelles photos)...

Il y a quelques semaines, des musiciens bohèmes sont arrivés dans l'équipe du housekeeping et voilà que l'ambiance est à la fête! Ils vivent également sur le site et on a droit à des soirées hautes en couleurs sur des airs de flamenco! Imaginez, 2 guitaristes, une chanteuse... et un public percussioniste international : Japon, Taiwan, Canada, Argentine, Italie, France. L'autre soir, à tour de rôle, nous avons chanté notre hymne national respectif... Jun, le timide japonais, a entonné le Kimi ga yo tout doucement alors que Gabriel le grand francais s'est levé d'un bond et a chanté haut et fort La Marseillaise avec la main sur le coeur... Jo et moi, on n'y a pas été de main morte non plus avec le O'Canada et j'ai même fait une partie de Mon pays pour souligner notre bel hiver québécois. J'irai défitivement passer du temps en Amérique du Sud un jour, mais je ne crois pas que ce sera durant ce voyage puisque le temps file et je n'ai pas le goût d'expérimenter seulement en surface cette culture latine si vivante!

Bien que la vie est belle ici sous ce soleil qui s'est enfin pointé le bout du nez, nous commencerons sous peu à compter les dodos avant le départ pour la Thailande! La suite de notre road trip planétaire se dessine tranquillement. Hier on a reçu une confirmation pour notre bénévolat en Grèce avec les tortues marines : un mois sur le bord de la Méditérannée, en Crête plus précisément. Pour ce qui est de notre projet du Transsibérien de Beijing à Moscou, on a du y renoncer puisque l'ambassade Russe à Wellington est l'une des plus strictes et obtenir un visa dans les temps relève du miracle pour les canadiens que nous sommes. On va donc troquer la Russie pour l'Inde, nous attendons notre visa impatiemment! On s'enlignait pour défier le GR20 en Corse en juin mais comme le camping n'est plus permis (on doit réserver des refuges bondés d'un public international puant et ronflant), on a plutôt décidé de s'enligner vers L'Égypte. Mais les jeux ne sont pas encore faits, tout peut encore changer, c'est le bonheur d'un voyage avec billets "aller simple"!

mercredi 20 janvier 2010

20 ans avant*

Quand j'étais un petit garçon, mes amis et moi vivions comme des rois. Nous avions fait notre fortune en ramassant bouteilles et canettes abandonnées dans les poubelles des parcs et des événements locaux. La consigne, d'une valeur de 10 et 5 sous respectivement, était ensuite échangée contre des friandises à la tabagie locale. Avoir investi tout cet argent dans un plan de retraite à ce moment, je serais fort possiblement déjà rentier au lieu d'avoir enrichi mon dentiste. La consigne est toujours la même : 10 sous pour les bouteilles, 5 pour les canettes en aluminium et plastique et 10 sous pour les 2L de boisson gazeuses. Il n'y a que le prix des friandises qui a augmenté! C'était le Québec dans les années 80.


En 2010, en Nouvelle-Zélande, les enfants ont de belles dents blanches et n'ont pas plus de plan de retraite. Pourquoi? Il n'y a aucune consigne sur les bouteilles et canettes. Les bouteilles de bière sont tout simplement cassées et recyclées (dans les grandes villes), ou enfouies avec les autres déchets. Pour ce qui est du plastique, son avenir est beaucoup moins certain que pour le verre. Donc, vous êtes certain de déguster votre bière dans une belle bouteille ¨flambette¨ sans à avoir à vous préoccuper de la retourner ou de la recycler (ou d'enrichir un enfant). La poubelle ou même encore le gazon du parc local se fera un plaisir de l'accueillir comme j'ai pu le constater.

Je ne parle pas non plus du papier : les gens doivent faire 5km avec leur véhicule pour se rentre au dépot de recyclage à l'extérieur de la ville pour déposer les différents articles dans les bons bacs. L'être humain étant ce qu'il est : tout prend le chemin des poubelles... et selon la rumeur locale (peut-être pour se donner une bonne conscience), les articles du dépot de recyclage prendraient aussi la même route que les déchets : Auckland étant trop éloigné pour valoir la peine de recycler ces matières.

Derrière les forêts tropicales et les vertes prairies où paîtrent les moutons, les néozélandais enterrent des matières parfaitement recyclables et réutilisables. J'ai toujours un pincement au coeur quand je jette mon contenant de lait ou ma bouteille de bière vide dans la poubelle : c'est comme si je jetais dix jujubes aux vidanges.


* Clin d'oeil à ¨20 ans après¨ d'Alexandre Dumas.