samedi 20 février 2010

Tolérance et amitié...

Avant de partir pour ce long périple, j'avais décidé de me fixer un objectif (parmis une panoplie d'autres qui vont de soi quand on voyage : m'imprégner de nouvelles cultures, faire des rencontres enrichissantes, trouver ma place dans le monde, profiter du moment présent, améliorer mon sens de l'orientation et de l'organisation)... ce but ultime est donc d'accéder à une tolérance plus grande envers les autres humains, tenter de mieux comprendre leur réalité et de moins les juger. Pour s'ouvrir ainsi, il faut parfois questionner ses convictions et revoir certaines valeurs. Bien que la Nouvelle-Zélande n'est pas un pays qui diffère énormément du Canada en terme de style de vie, considérant le boulot avec le public que j'exerce ici et le fait que j'habite au sein d'une grande famille de partout, je travaille à tous les jours cet aspect de moi-même et je sais pertinemment que le vrai dépaysement me frappera de plein fouet le 2 mars prochain à mon arrivée à Bangkok.

Le décompte est maintenant commencé, plus que 7 dodos avant notre départ de Te Anau. Après plus de 4 mois au pays des kiwis, je dirai aurevoir non seulement à 4 millions de néozélandais et 40 millions de moutons mais surtout à de nouvelles connaissances, de belles amitiés, de longues discussions allant du massacre des requins aux Galapagos, à la beauté des paysages québécois, en passant par la qualité de vie en Amérique Latine... cette famille élargie et tous ces moments partagés autour d'une table ou en plein air me manqueront certainement, mais mon coeur est prêt à partir à l'aventure. M'enraciner à un même endroit si longtemps m'a presque fait oublier que j'étais en voyage, je sens donc que c'est un nouveau départ et je réalise à peine que c'est maintenant le temps de réellement partir à la découverte du monde!

Bien que nous n'avons pas encore d'itinéraire précis en Asie, nous serons un minimum de 2 semaines à Chiang Mai au nord de la Thailande; je viens tout juste de m'inscrire à un cours de Thai massage (http://www.sunshine-massage-school.com/) pour bien m'imprégner de cette riche culture. Jo, pendant ce temps, approfondira ses talents culinaires dans une école de cuisine thailandaise.

Voici quelques highlights des dernières semaines (pour voir nos souvenirs en images) :

  • Nos soirées "pasta de la mama" avec comme chef cuisinier Bruno l'italien!

  • Notre séjour à Stewart Island : superbes marches, visite d'un sanctuaire d'oiseaux rares, croisière aux premières loges pour admirer pingouins, dauphins et albatros!

  • Nos sauts dans le lac à partir du quai lors des journées chaudes

  • Le réveillon du nouvel an chinois au resto asiatique (11 plats partagés sur une table tournante, miam!)

  • La soirée poutine (grâce à Do qui m'a envoyé par la poste une ca-canne de sauce à poutine Saint-Hubert... ça lui a coûté 30$ pour l'envoi mais ça valait la peine!)

  • La fiesta d'aurevoir de Santiago qui a quitté le nid familial de Te Anau pour continuer son voyage à Samoa et à Fidji avant de retrouver les siens en Uruguay

  • La visite des Clifden Caves (une des cavernes "non plastique" des environs)
La prochaine fois que je prendrai la plume (ou plutôt le clavier), ce sera en terre thailandaise! À bientôt...

vendredi 5 février 2010

Fortune et Gloire

Fortune : nom féminin, puissance mystérieuse qui est censée fixer aux êtres humains leur sort.
Gloire : nom féminin,  ce qui constitue l'occasion d'une légitime fierté, d'un orgueil justifié, ce qui suscite l'admiration.

Il y a des journées comme ça où on aurait le goût de rouler vers le soleil couchant pour ne s'arrêter qu'à un endroit où seule la fin de la route connaît. Se reposer quelques jours ou semaines, faire le plein et repartir à la recherche. À la recherche de quoi? Probablement à la recherche de soi, en regardant de gauche à droite et de droite à gauche, le regard loin, un peu perdu, car qui ne l'est pas dans cette fin de XXe siècle, où tout va tellement vite, où le progrès avance à un rythme infernal sur cette bonne vieille planète, située quelque part aux confins de la Voie Lactée.

Bien des gens en rêvent, en écoutant une musique des plus envoûtante, espérant réaliser ce rêve vieux comme le monde, que nos voisins ont prétentieusement nommés « American Dream».

Fortune et Gloire, deux mots qui veulent tout dire, qui font que l'Homme rêveur survit dans une dure réalité généralement appelé Quotidien. Ce quotidien, il fait tout pour l'éviter étant jeune, espérant passer à côté pour continuer à festoyer avec ses deux copines, membres d'une famille inaccessible pour la majorité d'entre nous.

Certains diront que ces deux soeurs ne sont que les amies des riches de cette planète ou les compagnes de voyage de quelques aventuriers en quête d'eux-mêmes, comme l'étaient un peu Arthur et ses chevaliers. Si nous avions tous notre Excalibur, chaque homme et chaque femme auraient trouvé son Graal, cette coupe légendaire mais pourtant bien réelle que monsieur et madame Toutl'monde a quelque part d'enfouie en lui.

Comme il n'y a pas deux humains identiques, nos deux jumelles auront des visages différents d'une personne à l'autre. Quelques-uns rêveront de trésors archéologiques, d'autres de sommets à conquérir. Les plus matérialistes de notre race s'imagineront PDG d'un fauteuil de cuir dans une immense tour à bureau.

Tous les goûts sont dans la nature. Mal placé serait celui qui oserait critiquer les fantasmes de l'autre. Dans cette société où l'on nous dit libre : chacun est libre de faire ce que les lois lui permettent.

Amis rêveurs, profitez-en, le royaume de Morphée n'a pas encore été réglementé. Et pour ceux qui voudraient rencontrer Fortune et Gloire, la seule chose qui peut vous en empêcher, c'est vous même!

Un de ces jours, peut-être...

Jonathan MARCOTTE
Octobre 1997

post-scriptum : cela m'aura finalement pris douze ans...