vendredi 5 février 2010

Fortune et Gloire

Fortune : nom féminin, puissance mystérieuse qui est censée fixer aux êtres humains leur sort.
Gloire : nom féminin,  ce qui constitue l'occasion d'une légitime fierté, d'un orgueil justifié, ce qui suscite l'admiration.

Il y a des journées comme ça où on aurait le goût de rouler vers le soleil couchant pour ne s'arrêter qu'à un endroit où seule la fin de la route connaît. Se reposer quelques jours ou semaines, faire le plein et repartir à la recherche. À la recherche de quoi? Probablement à la recherche de soi, en regardant de gauche à droite et de droite à gauche, le regard loin, un peu perdu, car qui ne l'est pas dans cette fin de XXe siècle, où tout va tellement vite, où le progrès avance à un rythme infernal sur cette bonne vieille planète, située quelque part aux confins de la Voie Lactée.

Bien des gens en rêvent, en écoutant une musique des plus envoûtante, espérant réaliser ce rêve vieux comme le monde, que nos voisins ont prétentieusement nommés « American Dream».

Fortune et Gloire, deux mots qui veulent tout dire, qui font que l'Homme rêveur survit dans une dure réalité généralement appelé Quotidien. Ce quotidien, il fait tout pour l'éviter étant jeune, espérant passer à côté pour continuer à festoyer avec ses deux copines, membres d'une famille inaccessible pour la majorité d'entre nous.

Certains diront que ces deux soeurs ne sont que les amies des riches de cette planète ou les compagnes de voyage de quelques aventuriers en quête d'eux-mêmes, comme l'étaient un peu Arthur et ses chevaliers. Si nous avions tous notre Excalibur, chaque homme et chaque femme auraient trouvé son Graal, cette coupe légendaire mais pourtant bien réelle que monsieur et madame Toutl'monde a quelque part d'enfouie en lui.

Comme il n'y a pas deux humains identiques, nos deux jumelles auront des visages différents d'une personne à l'autre. Quelques-uns rêveront de trésors archéologiques, d'autres de sommets à conquérir. Les plus matérialistes de notre race s'imagineront PDG d'un fauteuil de cuir dans une immense tour à bureau.

Tous les goûts sont dans la nature. Mal placé serait celui qui oserait critiquer les fantasmes de l'autre. Dans cette société où l'on nous dit libre : chacun est libre de faire ce que les lois lui permettent.

Amis rêveurs, profitez-en, le royaume de Morphée n'a pas encore été réglementé. Et pour ceux qui voudraient rencontrer Fortune et Gloire, la seule chose qui peut vous en empêcher, c'est vous même!

Un de ces jours, peut-être...

Jonathan MARCOTTE
Octobre 1997

post-scriptum : cela m'aura finalement pris douze ans...


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1 commentaire:

  1. Comme quoi avec de la persévérance, on peut finir par vivre ses rêves de jeunesse.

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