samedi 17 avril 2010

Le formulaire A39

Tout comme moi, vous vous souvenez certainement du fameux formulaire A39 dans les douze travaux d'Astérix (j'ai même eu la chance d'en vivre une version corporative au boulot avant de quitter en septembre dernier!). Quel ne fut donc pas ma surprise, lors de notre visite des ruines de Vat Phou, près de Champassack dans le sud du Laos, de me sentir comme notre ami Astérix lors de sa huitième épreuve dans la maison qui rend fou.

D'un bon matin, chevauchant chacun une bonne vieille bicyclette à 10,000 kips (On a déjà assez donné pour un scooter, nous allèrent visiter ces fameuses ruines d'un temple adorant Shiva et datant du XIè siècle.


Le Laos, toujours fidèle à sa bonne vieille tradition bureaucratique communiste (qui nous rappelle l'ère Soviétique) nous en a donné pour notre argent avant de même pouvoir mettre les pieds sur un bloc de roche centenaire.

À notre arrivée, deux gentils laossiens nous accueillent derrière un comptoir. Bienvenue à Vat Phou. D'un bon français, ils nous demandent d'où nous venons. Du Canada messieurs! Nous remettans un billet numéroté et sur lequel quelques trucs illisible en lao sont inscrit, ils nous indiquent bien gentiment de renfourcher notre bécane et de nous rendre à un deuxième guichet à quelques centaines de mètre plus loin.

Deux nouveaux laossiens, même question : de quel pays êtes vous? Même réponse! Cette fois-ci on paye quelques dixaines de milliers de kips pour se faire diriger vers le début des ruines (le site archéologique fait quand même 39 000 hetares!) avec deux billets d'admission.

Comme aux deux précédents postes, c'est encore deux employés qui nous posent la même question : de quel pays venez vous? Téléphonez à vos quatre collègues, ils doivent s'en souvenir! Nous remettons nos billets et la visite commence!

Ceci n'est qu'un des exemples (bien sûr, le plus gaulois que nous avons vécu) de la bureaucratie communiste à son meilleur. Après tout, le meilleur moyen de faire travailler toute la population, au lieu d'engager une étudiante au salaire minimum posant la fameuse question et collectant les kips au même moment, on fait travailler six fonctionnaires et possiblement une autre demi-douzaine qui vérifieront si les trois guérites ont enregistré les mêmes pays des visiteurs.

Nonobstant cette façon peu ortodoxte de création d'emploi, Vat Phou vaut le déplacement et est probablement un des highlights du Laos. Construit par l'empire Khmer dès le Vè siècle, la partie actuelle que l'on peut admirer date du XIè et XIIè siècle. Il se combine très bien avec une visite par la suite de Angkor au Cambodge grande cité déchue de l'empire Khmer.

C'est en quittant le Laos que nous avons réalisé que Lénine et Marx l'ont eu tout faux : un douanier laossien des plus corrompus c'est essayé de nous extirper 100,000 kips pour étamper nos passeports et nous laisser sortir du pays (on s'en est tiré pour 20,000 et deux reçus, frais d'overtime car nous étions samedi). Deux québécois fâchés et n'ayant pas leurs langues dans leur poche lui auront probablement gâché sa journée à coup de tabarnak et de calvaire.

Quel plaisir que de voir les douaniers thailandais tout souriants nous donner (comme dans gratis ou pour-pas-une-cenne ou encore sers-moé-ça-st'argent-la) un nouveau visa et nous disant que la machine à rayon X n'était pas nécessaire pour les gentils canadiens que nous sommes!

Welcome back in Thailand, land of the smiling thais!
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