mardi 13 juillet 2010

Voyeurisme volontaire

À ma gauche, un homme mi-russe mi-grec moustachu vend du popcorn et de la barbe-à-papa (accompagné de ses deux enfants pestes mais adorables).

À côté d'eux, Sacha, mon ami serbien, vendeur de jouets fabriqués à la main, se fait avertir par la police qu'il doit retirer ses fausses tarentules de l'étalage puisqu'elles sont faites en Chine, il me fait une grimace et un sourire... je sais très bien que dans 3 secondes, il les aura remises sur sa petite table en bois.

Devant moi, deux cochers grecs s'engueulent pour savoir qui aura le client pour le fameux tour de calèche. Un peu plus à droite, une touriste se fait mordre par un des chevaux et elle gueule... elle aura sûrement une balade gratuite!

Juste devant le phare, un homme prend sa femme en photo, avec en avant plan une poubelle et des touristes qui passent.

Le serveur albanien du resto voisin vient me raconter sa vie pendant qu'une troupe de français à la queue leu-leu derrière une guide à parapluie rouge font semblant qu'ils n'entendent pas quand je dis Bonjour!

Un jeune pakistanais semble s'être inscrit dans une course de marche rapide avec ses DVD copiés à vendre sous le bras.

Enfin, une petite famille suédoise fait une pause et tous s'intéressent au fait que les Caretta caretta sont en danger en Grèce et que nous sommes des bénévoles qui donnent leur temps pour la cause. Ils font leur part et achètent quelques t-shirts et porte-clés à l'effigie d'une tortue.  

C'est à ça que ressemble la vie d'un bénévole au kiosque Archelon de Hania. Contrairement au calme du camp, ici c'est la jungle des familles grecques entremêlées des touristes en quête de la confirmation des renseignements inscrits dans leur Guide Routard. Pendant quatre semaines, j'ai été témoin voyeur d'un port touristique grec et j'ai eu l'occasion de rencontrer des gens de partout. Ceux qui prenaient la peine de s'arrêter au kiosque semblaient rassurés que la Grèce a au moins un champ de bataille pour aider la planète. Je remarque effectivement une certaine paresse collective de ce peuple qui fait la sieste de 14h à 17h sans pour autant avoir plus d'énergie par la suite pour recycler ou chercher une poubelle pour déposer ses ordures. Les Grecs ont certainement un caractère unique (et une façon bien à eux d'être différents en contournant souvent les règles) et je ne souhaite pas ici les changer mais j'espère tout de même qu'ils n'attendront pas une catastrophe naturelle pour se serrer les coudes et suivre la vague mondiale des gestes verts.
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1 commentaire:

  1. Bonjour à vous deux! Je viens de lire avec un peu de retard vos articles sur le bénévolat. Vous étiez bel et bien au kiosque près de la mosquée! L'expérience a dû être enrichissante. J'imagine que cette étape tire à sa fin et que vous vous dirigez tranquillement vers l'Écosse. J'espère que vous avez fait le plein de soleil avant d'affronter les montagnes écossaises. J'ai hâte de vous revoir! Geneviève xx

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